Les jours viennent et passent

Les jours viennent et passent

le 24 juin 2025

Extrêmement marquée par ce voyage inter-générationnel mêlant nostalgie, joie et peine.

Les trois générations de femmes de ce livre, Anna, Abi et Tina nous font découvrir leur vie extraordinaire dans un Cameroun en plein bouleversement.
Entre un passé marqué par les inégalités sociales et une vie d'enfer dans les camps de Boko Haram, ce livre m'a vraiment chamboulée.

Maé, stagiaire de 2nde

Les jours viennent et passent, Hemley Boum, Folio, 9.50 euros
Fiction adulte

Les enfants de la résistance

Les enfants de la résistance

le 06 juin 2025

Les enfants de la résistance est une bande dessinée où l'on va suivre le périple de trois jeunes résistants nommées François, Lisa et Eusèbe.
Cette histoire est émouvante car, âgés de seulement 13ans, ils œuvrent pour le libération de leur pays.Elle rend également hommage aux résistants de la seconde Guerre Mondiale.

Tom, stagiaire

Série "Les enfants de la résistance", Dugomier et Ers, Le Lombard,12.95 euros
BD jeunesse

L'élu

L'élu

le 08 févr. 2025

Ce livre raconte l’histoire d’Isabelle, une mère confrontée à une décision aussi douloureuse que nécessaire : placer son fils autiste, Éli, dans un centre spécialisé. Un choix qui la déchire entre amour maternel et culpabilité, entre espoir et renoncement.

Ce roman nous plonge dans l’intimité d’une mère dévouée, qui lutte chaque jour contre l’épuisement et l’impuissance face à la maladie de son fils. L’autrice nous fait ressentir avec force la solitude et la culpabilité d’Isabelle, mais aussi la beauté de son amour inconditionnel. L’écriture est sobre, sincère, et nous entraîne dans un tourbillon d’émotions, où l’on passe de la tendresse à la douleur, de la colère à l’acceptation. Ce n’est pas un récit misérabiliste, bien au contraire. À aucun moment, l’autrice ne cherche à nous apitoyer. Au contraire, elle nous fait entrer dans la tête et le cœur de cette mère avec une justesse rare.

L’élu est une lecture qui marque. Il nous ouvre les yeux sur une réalité dont on parle peu et nous pousse à réfléchir sur la force et le courage de ces parents qui, chaque jour, font face à l’inconcevable. Ce livre ne se contente pas de raconter une histoire, il nous fait ressentir ce que signifie vraiment aimer, parfois jusqu’au sacrifice.

En refermant ce livre, on ne peut qu’être bouleversé par la puissance du lien qui unit une mère et son fils. L’élu est un roman qui interroge, qui émeut et qui, surtout, laisse une empreinte durable.

Bristol

Bristol

le 08 févr. 2025

Bristol, le dernier roman de Jean Echenoz, un auteur dont la plume est reconnaissable entre mille. Avec son humour subtil et son goût pour l’absurde, il nous embarque dans une histoire aussi décalée qu’haletante.

Le héros, Robert Bristol, est un réalisateur de films… disons, oubliables. En panne d’inspiration, il entreprend l’adaptation d’un roman à succès, sans se douter que son quotidien va prendre une tournure bien plus mouvementée qu’un scénario de série B. Entre un voisin qui se défenestre sous ses fenêtres, un tournage chaotique au Botswana, une actrice trop littéraire et un guérillero amateur de films d’auteur, Bristol navigue en eaux troubles.

Avec Bristol, Jean Echenoz joue avec les codes du polar et du vaudeville, maniant digressions, dialogues ciselés et situations absurdes avec une précision digne d’un scénario millimétré. C’est un roman vif, ironique et d’une grande légèreté apparente, où chaque phrase est pensée comme un plan de cinéma.

Alors, si vous aimez les récits pleins de malice et d’élégance, laissez-vous tenter par Bristol. Une lecture à la fois jubilatoire et savamment construite !

Hexa

Hexa

le 08 févr. 2025

Dans un futur proche, un désastre écologique a contraint l’humanité à se replier dans des cités fermées, surveillées en permanence grâce à des puces électroniques. La liberté y est abolie, justifiée par une propagande implacable : « Le Mur a été érigé pour nous protéger de nous-mêmes. »

À Sainte-Foy, l’une de ces cités intelligentes, vit Thalie, une adolescente de 16 ans élevée par son père, tandis que sa mère, Sandrine, passe huit mois par an dans les territoires du Grand Nord, participant à des opérations de reboisement clandestines. Car au-delà des murs, là où règnent prétendument le chaos et le danger, des femmes s’organisent en secret pour sauver la nature et préserver un espoir d’avenir.

Le roman, structuré en plusieurs voix, nous plonge d’abord dans le regard critique et indocile de Thalie, fascinée par cet ailleurs qu’on lui interdit. Lorsqu’elle accompagne sa mère pour un stage dans le Nord, elle découvre une toute autre réalité et comprend les enjeux de ce combat mené en marge du système. Puis, c’est au tour de Sandrine de prendre la parole, dévoilant son engagement, ses sacrifices et les dangers d’un monde où la maternité elle-même est sous surveillance, pouvant être retirée aux femmes jugées non conformes.

À travers ce roman dystopique aux accents d’espoir, Gabrielle Filteau-Chiba livre un plaidoyer vibrant pour la nature et la liberté. Son écriture poétique et engagée célèbre la force des femmes, gardiennes du vivant et de la transmission. Hexa nous interpelle : jusqu’où sommes-nous prêts à aller pour protéger ce qui reste du monde sauvage ?

Les indignes

Les indignes

le 08 févr. 2025

Agustina Bazterrica nous plonge dans une dystopie glaçante avec Les Indignes, un roman qui interroge la condition humaine à travers une société totalitaire où les femmes sont soumises à un ordre religieux impitoyable.

L’autrice excelle dans l’art de créer des atmosphères anxiogènes. Dès les premières pages, le lecteur est immergé dans un monde régi par des règles strictes, où la violence et la peur façonnent les rapports entre les personnages. La Maison de la Sororité Sacrée, censée être un refuge, se révèle être un lieu d’oppression où les femmes s'affrontent pour survivre. Cette tension constante rappelle des œuvres comme La Servante écarlate de Margaret Atwood, mais avec une approche plus brute et viscérale.

À travers les pensées de la narratrice, consignée dans un journal intime, Bazterrica soulève des questions profondes sur la soumission, la résistance et le besoin de croire en quelque chose, même dans un monde sans espoir. Les personnages sont complexes, loin d’être purement bons ou mauvais, ce qui renforce le réalisme de cette dystopie. L’opposition entre la rigueur du système et la fragilité des relations humaines est particulièrement poignante.

Les Indignes est une lecture puissante, qui dérange autant qu’elle fascine. Son message, sombre mais essentiel, pousse à la réflexion sur les dérives du fanatisme et la résilience humaine. Son atmosphère oppressante et sa violence psychologique en font un livre difficile à aborder pour un lectorat sensible.

Mauvais Oeil

Mauvais Oeil

le 08 févr. 2025

Yara, fille d'immigrants palestiniens, mène une vie en apparence stable : mariée, mère de deux enfants et enseignante en arts. Mais lorsqu’elle réagit violemment à un commentaire raciste d’une collègue, elle est contrainte de consulter un psychologue. Ce parcours introspectif l’amène à confronter sa colère et les conflits non résolus qui hantent son passé.

À travers une narration alternant récit à la troisième personne et extraits du journal intime de Yara, Etaf Rum explore avec subtilité les blessures intergénérationnelles et la difficulté d’échapper aux injonctions sociales et familiales. Loin des clichés, le roman évite le manichéisme : le mari de Yara, sa famille et sa culture ne sont ni diabolisés ni idéalisés.

L’écriture précise et immersive de l’autrice permet de suivre de près la transformation de Yara, rendant son combat universel. En explorant la transmission des traumatismes et la quête d’émancipation, Mauvais Œil nous offre une réflexion profonde sur l’identité et la liberté.

Cairns

Cairns

le 08 févr. 2025

L’intrigue se déroule au début du XXᵉ siècle, dans un village isolé, marqué par deux tragédies : un meurtre et la disparition mystérieuse d’une jeune fille nommée Kirsten. Un an plus tard, un jeune pasteur danois, Sebastian Ribe, accompagné d’un montagnard expérimenté, Reidar Skåren, se lance sur ses traces à travers une nature sauvage et inhospitalière.

Dès les premières pages, le roman impose une atmosphère pesante, presque hypnotique. L’auteur décrit avec une précision glaçante l’immensité des montagnes, où chaque détail devient une menace potentielle. Les cairns, ces petits amas de pierres servant de repères sur les sentiers, prennent ici une dimension symbolique forte : ils sont la frontière fragile entre la sécurité et la perdition.

Ce qui frappe avant tout, c’est l’écriture de Baldysz. Sobre, dépouillée, mais d’une rare intensité. En à peine 128 pages, il parvient à créer un récit d’une profondeur remarquable, où chaque silence et chaque paysage semblent en dire plus que les dialogues eux-mêmes. C’est un roman qui joue beaucoup sur l’implicite, laissant au lecteur le soin de combler les vides et d’interpréter les non-dits.

Au-delà de l’aventure, Cairns est une véritable réflexion sur la condition humaine face à la nature et à l’inconnu. À mesure que Ribe et Skåren avancent, la question se pose : cherchent-ils vraiment Kirsten, ou sont-ils en quête de quelque chose de plus profond, une vérité sur eux-mêmes ? Le voyage devient une forme d’épreuve existentielle, où la foi du pasteur se heurte aux réalités brutales de l’environnement qui l’entoure.

Les bouchères

Les bouchères

le 08 févr. 2025

Nous sommes à Rouen, dans un quartier bourgeois, où Anne et Stacey, deux femmes déterminées, décident d’ouvrir une boucherie atypique à la devanture rose éclatante. Leur arrivée ne passe pas inaperçue, et elles sont rapidement rejointes par Michèle, une femme au passé mystérieux. Ensemble, elles forment un trio inséparable, bien décidées à imposer leur présence dans un métier d’hommes.

Mais alors que leur commerce commence à prospérer, des disparitions étranges secouent le quartier. Des notables disparaissent sans laisser de traces, et très vite, des rumeurs inquiétantes se propagent. Que cachent réellement ces trois femmes ? Ont-elles quelque chose à voir avec ces événements troublants ?

Ce roman est un mélange parfait entre suspense et engagement, où chaque page réserve son lot de surprises. L’écriture de Sophie Demange est incisive et rythmée, rendant la lecture aussi fluide que palpitante. Les personnages sont forts, attachants et pleins de nuances, et l’intrigue vous tiendra en haleine jusqu’à la dernière ligne.

Si vous aimez les romans noirs, les histoires de femmes puissantes et les intrigues bien ficelées, Les Bouchères est fait pour vous ! Une lecture immersive, idéale pour celles qui aiment les livres qui sortent des sentiers battus.

Ta promesse

Ta promesse

le 08 févr. 2025

L’histoire suit Claire, une écrivaine qui tombe sous le charme de Gilles, un homme séduisant mais manipulateur. Peu à peu, il exerce une emprise sur elle, l’isolant, la contrôlant et lui interdisant même d’écrire sur lui. Cette interdiction devient le symbole de la domination qu’il impose à Claire, la privant de sa liberté d’expression et de sa créativité. Son combat pour se libérer de cette relation prend une tournure dramatique, la conduisant devant la justice.
Ce roman est une véritable immersion dans l’enfer psychologique que représente l’emprise. Camille Laurens réussit à capturer avec une grande justesse la lente progression de la manipulation et ses effets destructeurs. Elle décrit parfaitement la confusion, la culpabilité et la peur qui envahissent Claire, rendant son histoire terriblement réaliste.
Ce qui frappe, c’est aussi la structure narrative du roman. À travers une écriture incisive et des changements de point de vue, l'autrice nous plonge dans l’esprit tourmenté de Claire. On ressent son enfermement et son désespoir, mais aussi sa volonté de s’en sortir.
Ce roman est avant tout une réflexion sur le pouvoir des mots. Pour Claire, écrire est un acte vital, une façon de s’approprier le réel. Mais pour Gilles, qui incarne l’homme dominateur et manipulateur, les mots sont une menace. Il sait que l’écriture permet de dévoiler la vérité, et c’est précisément ce qu’il redoute.
Camille Laurens montre avec subtilité comment la parole peut être à la fois un moyen d’émancipation et un instrument de contrôle. Gilles impose le silence à Claire, car il sait que la nommer, c’est lui échapper. Il veut rester maître du récit de leur histoire, alors qu’elle, au contraire, veut le raconter pour se libérer de son emprise.
L’écriture devient un terrain de lutte, où chaque mot prononcé ou retenu a un poids immense.